Application dans le domaine dentaire
de la norme EN 12464-1
Lumière et éclairage des lieux de travail intérieurs

La lumière conditionne totalement le fonctionnement de l’être humain. Il est en effet démontré qu’un éclairage adapté détermine les conditions de confort, diminue le degré de stress, a une influence directe sur l’humeur, réduit considérablement la fatigue, les erreurs et augmente prodigieusement la productivité au travail.  Ces éléments sont même aujourd’hui du domaine de l’évidence.

Mais qu’est ce qu’un bon éclairage quand on est dentiste ou prothésiste ?

La réponse tient en trois codes de normes : ISO 9680, DIN 67505 et EN 12464-1. 

La plus récente et la plus complète est la norme européenne (EN).
Son objectif est de servir de guide pratique dans le projet d’éclairage qui accompagne toute nouvelle implantation de lieu de travail intérieur, et donc pour ce qui nous concerne, de cabinet ou de laboratoire dentaire. 

La colonne vertébrale du projet d’éclairage est la réalisation d’une bonne ambiance lumineuse. 
Une bonne ambiance lumineuse sera réalisée quand outre le niveau d’éclairement requis, sont satisfaits nos besoins fondamentaux qualitatifs et quantitatifs en éclairage à savoir : 

  • le confort visuel qui contribue à un haut niveau de productivité,
  • la performance visuelle, laquelle permet d’exécuter pendant de longues périodes, des tâches visuelles de qualité même si les circonstances sont difficiles, 
  • la sécurité.

Les paramètres qui définissent cette Ambiance Lumineuse sont : 

  • la distribution des luminances, c’est à dire la gestion des contrastes entre zones d’ombre et de lumière.
  • l’éclairement qui désigne les quantités de lumière zone par zone. On dénombre 2 types de zone : la zone de travail et les zones environnantes. Dans les cas où le travail nécessite un éclairement très élevé, il convient d’organiser le retour progressif à un éclairage ambiant « normal » lorsque le regard sort de la zone de travail. La norme recommande de multiplier le nombre de zones environnantes, chacune sera moins éclairée que la précédente.
  • l’éblouissement qui est la sensation produite par des surfaces brillantes dans le champ visuel. Selon son intensité, l’éblouissement est dit d’inconfort ou d’incapacité. Provenant des éclairages eux-mêmes ou des réflexions sur des surfaces brillantes, il atteint tant l’équipe opératoire que les patients. 
  • le modelé, défini par les directions dans lesquelles l’éclairage est émis. C’est en jouant sur les différentes directions d’éclairement que l’on met en valeur les objets, leurs texture, les apparences, volumes, ombres et rendus. Il est différent dans la zone de travail et dans les zones environnantes, puisque les éléments à mettre en avant ne sont pas les mêmes.
  • l’aspect des couleurs décrit par la température de couleur en degrés Kelvin et l’Indice de Rendu des Couleurs en % (IRC).

A la liste précédente la norme ajoute quelques contraintes techniques : 

  • La stabilité de la source lumineuse : les papillotements des sources et effets stroboscopiques sont à proscrire. 
  • le facteur de maintenance qui décrit le vieillissement de l’appareil d’éclairage et de ses sources : il doit garantir un éclairement minimum requis pour une longue période, malgré l’usure des sources, l’empoussièrement et autres facteurs diminuant les performances des appareils. 
  • les considérations énergétiques
  • directes, en demandant l’utilisation optimale de la lumière naturelle 
  • indirecte, en évitant les consommations superflues d’énergie qui sont peu écologiques et surchargent les systèmes de climatisation connexes.
  • Le chapitre 5.7 de la norme chiffre spécifiquement pour le domaine dentaire tous les paramètres quantifiables définis ci-dessus. (la norme EN reprend les données de la DIN 67505 et de l’ISO 9680). 

La norme explique enfin

1. Pourquoi grâce à la bonne application des critères recensés ci-dessus, on optimisera : 

  • l’acuité visuelle ou finesse de la vision, 
  • la sensibilité aux contrastes, 
  • l’efficacité des fonctions oculaires (accommodation, convergence, contraction pupillaire, mouvements de l’oeil…), 
  • la gestion des sources d’éblouissement, cause de stress et de fatigue, 
  • la gestion des contrastes, causes d’ennui ou de fatigue, 
  • les réflexions des sols, murs et plafonds, 
  • l’équilibre éclairage indirect/direct, 
  • les aspects psychophysiologiques tels que confort visuel et bien-être, 
  • l’ergonomie visuelle et la sécurité, 
  • l’économie des sources et de l’énergie,

2. Et pourquoi l’environnement dentaire est particulièrement concerné : 

  • le travail visuel y est critique, 
  • les erreurs sont coûteuses à corriger, 
  • la précision et/ou une grande productivité sont importantes, 
  • les dimensions et contrastes des détails de la tâche visuelle sont anormalement faibles, 
  • la tâche doit être effectuée pendant un temps anormalement long,
  • l’âge de l’opérateur est de surcroît un facteur « aggravant » qui rend encore plus impératif le respect de la norme.

Qu’il s’agisse de cabinet ou de laboratoire dentaire, il est donc nécessaire de faire appel à un éclairagiste dont les compétences sont reconnues dans ce domaine et qui apporte toute garantie quant à la qualité et la certification de l’éclairage obtenu. 

Par ailleurs, il est important de noter que des solutions d’éclairage homogènes au sein des cabinets et laboratoires dentaires travaillant ensemble conditionnent le fonctionnement harmonieux du tandem dentiste/prothésiste.

Jean-Marc Kubler